Acheter un appartement ou une maison, c’est signer un prix de vente, mais aussi régler une somme supplémentaire au passage chez le notaire. Cette somme, souvent appelée « frais de notaire », représente en réalité des frais d’acquisition dont la majeure partie revient à l’État, pas au notaire. Que le bien soit neuf ou ancien, ces frais pèsent sur le budget total, mais pas du tout dans les mêmes proportions. Comprendre leur composition permet d’anticiper la facture réelle avant de signer.
Ce que recouvrent réellement les frais de notaire
Le terme « frais de notaire » est trompeur. Il laisse penser que la somme versée rémunère uniquement le professionnel qui rédige l’acte. En pratique, sa rémunération ne représente qu’une fraction minoritaire du total.
Trois postes composent ces frais :
- Les droits de mutation (ou taxe de publicité foncière) : ce sont des impôts reversés au département et à la commune. Dans l’ancien, ils constituent le poste le plus lourd, de loin.
- Les émoluments du notaire : sa rémunération proprement dite, encadrée par un barème réglementé. Un arrêté du 29 février 2024 a prorogé les tarifs en vigueur, ce qui signifie que cette part reste stable et prévisible jusqu’en 2026.
- Les débours et frais administratifs : documents d’urbanisme, extraits cadastraux, contribution de sécurité immobilière. Des montants modestes, mais incompressibles.
Quand un acheteur paie ces « frais », il finance donc principalement de la fiscalité locale. Le notaire, lui, perçoit une rémunération proportionnelle au prix du bien, selon un barème dégressif par tranches.

Droits de mutation : le fossé entre achat dans le neuf et dans l’ancien
Pourquoi un achat dans le neuf coûte-t-il nettement moins cher en frais ? La réponse tient en un mot : la TVA. Un logement neuf vendu par un promoteur est soumis à la TVA sur le prix de vente. L’acquéreur paie cette TVA, mais en contrepartie, les droits de mutation tombent à un taux réduit de 0,715 % pour la part départementale.
Dans l’ancien, pas de TVA, mais des droits d’enregistrement bien plus élevés. La taxe départementale de publicité foncière peut atteindre un niveau qui porte les frais globaux entre sept et huit pour cent du prix de vente.
Résultat concret : pour le même prix d’achat, les frais d’acquisition dans le neuf se situent généralement entre deux et trois pour cent, contre sept à huit pour cent dans l’ancien. Sur un achat à prix équivalent, l’écart peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Majoration des DMTO depuis 2025 : qui paie plus cher ?
La loi de finances 2025 a ouvert la possibilité aux départements de relever leurs droits de mutation à titre onéreux (DMTO). En 2026, la grande majorité des départements ont activé cette majoration. Concrètement, cela signifie que la facture dans l’ancien a encore augmenté par rapport aux années précédentes.
Un point passe souvent inaperçu dans les comparatifs habituels. Les primo-accédants achetant leur résidence principale sont exemptés de cette majoration. Un premier achat dans l’ancien ne subit donc pas la hausse, alors qu’un investisseur ou un secundo-accédant la supporte intégralement. Cette distinction crée un vrai décalage de coût entre deux acquéreurs signant le même jour pour le même bien.
Frais de notaire dans le neuf : les conditions pour bénéficier du taux réduit
Acheter du « neuf » au sens fiscal ne correspond pas toujours à ce qu’on imagine. Vous achetez un appartement récent, terminé il y a deux ans, jamais habité : est-ce du neuf ? Pas forcément.
Pour que les frais réduits s’appliquent, la vente doit porter sur un immeuble neuf soumis à la TVA immobilière. Cela concerne principalement deux situations :
- L’achat sur plan auprès d’un promoteur, en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), tant que le bien n’a jamais été vendu auparavant.
- L’achat d’un immeuble achevé depuis moins de cinq ans, vendu pour la première fois et soumis à la TVA.
- L’acquisition d’un terrain à bâtir auprès d’un assujetti à la TVA.
En revanche, un logement récent revendu par un particulier, même construit il y a un an, est fiscalement considéré comme ancien. Les droits de mutation s’appliquent alors au taux plein. C’est le régime fiscal de la vente qui détermine le niveau des frais, pas l’âge du bâtiment.

Anticiper le coût réel d’une acquisition immobilière
Les frais de notaire ne sont pas négociables sur leur composante fiscale. Le notaire ne peut pas réduire les droits de mutation, qui sont fixés par la loi et les délibérations départementales. La seule marge de manœuvre porte sur ses émoluments : une remise plafonnée est possible sur la tranche la plus élevée du barème, mais elle reste marginale.
Lors du montage financier, ces frais doivent être intégrés dès le départ. Un prêt immobilier couvre rarement la totalité des frais d’acquisition. La plupart des banques demandent un apport personnel couvrant au minimum ces frais.
Pour un achat dans l’ancien, en 2026, la hausse des DMTO alourdit le besoin d’apport par rapport à ce qu’il était encore en 2024. Cela pénalise particulièrement les acquéreurs sans statut de primo-accédant, qui ne bénéficient pas de l’exemption.
Dans le neuf, le coût d’entrée plus faible en frais compense parfois un prix au mètre carré plus élevé. La comparaison entre neuf et ancien ne peut pas se limiter au prix affiché : elle doit inclure les frais d’acquisition, la TVA éventuelle, et le niveau de droits de mutation applicable dans le département concerné.
Un achat immobilier se prépare en additionnant le prix du bien, les frais de notaire et le coût du crédit. Ignorer le poids des droits de mutation, c’est sous-estimer le budget réel de plusieurs points de pourcentage, ce qui suffit à faire basculer un plan de financement.

